« La Nuit de la sorcière, » par Maki Vanos
Note · 55 po · Poids 2
« Dans leur quête d'une nouvelle patrie, les réfugiés sarkariens ont voulu s'éloigner à tout prix des terres corrompues par les démons. Nombre d'entre eux, soit parce qu'ils étaient épuisés par leur interminable périple, soit parce qu'ils ne parvenaient pas à s'intégrer dans leur nation d'accueil, ont fini par s'installer en périphérie de communes déjà établies. Aujourd'hui, ces communautés existent toujours, et partagent d'ailleurs une coutume bien singulière... Il semblerait que cette tradition ait été lancée au même moment dans toutes les enclaves sarkariennes, y compris les plus éloignées. L'évènement est connu sous plusieurs noms, comme la Nuit de la sorcière, le Jugement de Vorlesh, ou encore la Nuit du feu de joie. Les préparatifs commencent plusieurs jours à l'avance. Les adultes fabriquent une gigantesque effigie de la servante des Abysses la plus haïe, nulle autre bien sûr que la sorcière Areelu Vorlesh, celle-là même qui, en ouvrant la faille entre les deux plans, est devenue l'Architecte de la Plaie du Monde et la Traîtresse de l'humanité. Généralement dispensés de leurs corvées pour l'occasion, les enfants s'en vont ramasser du petit bois dans les forêts environnantes, quand ils n'en réclament pas tout simplement à leurs voisins. Auquel cas, ils déclarent alors avoir besoin de quelque chose pour "réchauffer les pieds de la sorcière". Le grand jour venu, l'effigie est attachée à un poteau en plein milieu de la commune, et quiconque le souhaite peut la bombarder de boue jusqu'au coucher du soleil. Quand la nuit tombe, un tonnerre de cris de joie accueille l'embrasement de cette fausse Areelu Vorlesh. Notons que ces bûchers sont généralement vus d'un mauvais œil par les gardiens de la loi locaux. Cela dit, rien ne permet de prêter foi aux rumeurs affirmant que certains Sarkariens condamnent ainsi aux flammes... non pas une vulgaire effigie... mais une prétendue adoratrice des démons. »