Vieux journal sarkarien à la reliure brûlée
Note · 40 po · Poids 2
La reliure du journal est calcinée, et de nombreuses pages ont disparu. Celles qui restent sont tachées et couvertes de moisissures. Malgré l'encre ayant fini par baver et les passages rongés par la pourriture, certaines phrases sont encore lisibles. « Un guerrier nous a apporté des nouvelles de l'ouest. Les plaines sont tombées. Les clans ont été massacrés, et les monstres se repaissent des cadavres des braves. Quelques survivants ont été repérés, mais les tentatives pour les escorter jusqu'à la forteresse ont échoué. Nos propres guerriers ont déjà dû batailler ferme pour revenir et traverser les fortifications extérieures à présent occupées par la vermine. Seuls les renforts de l'est ont encore une chance de desserrer cette corde qui nous serre peu à peu à la gorge. Nous sommes condamnés à attendre... » « ... ils ont attaqué depuis les cieux. La tour est toujours debout, mais son incendie a coûté la vie à Zonak et ses compagnons. N'ayant pas le temps de dresser des bûchers funéraires, nous avons rassemblé les corps pour les transférer à l'abri des murailles avant d'être confrontés à la vague suivante. Presque tous les membres de l'escouade de Rolug ont été gravement blessés en défendant le poste abandonné, ce qui les rend inaptes à la défense des murs... » « ... ils se sont volatilisés. Jour et nuit se fondent à l'aune de l'épaisse fumée, et nous avons de plus en plus de mal à scruter l'horizon en direction de l'est. L'espoir d'apercevoir les bannières du Mendev nous aide pourtant à surmonter la peur de la mort. Sans ce réconfort, les braves d'hier trembleraient aujourd'hui comme des feuilles. Quant aux monstres, l'obscurité leur donne des ailes. L'une des sentinelles a été emportée sur la muraille devant cinq de ses compagnons... » « ... la moitié de la tour de gauche s'enfonce dans la fissure béante. Nous avons barricadé les portes, mais trois d'entre nous ont succombé à la fumée qui s'échappe du trou... » « ... il crachait, s'esclaffait, maudissait les traîtres étrangers et hurlait que nous ne recevrions aucune aide du Mendev. Yuno a fracassé le crâne de ce fou... » « ... nos jours sont comptés. La fumée rend toute respiration presque impossible. Nous sommes forcés de nous réfugier dans les caves entre deux attaques où nous trouvons au moins un peu d'humidité sur les murs suintants. Nos sentinelles disparaissent les unes après les autres, suffoquées par les volutes ou arrachées par les griffes de quelque bête volante... » « ... nous ouvrirons les portes dans une heure. Que ceux qui se pencheront sur nos derniers jours sachent que les fils du Sarkaris sont morts debout... » Une dernière page a été collée entre les dernières feuilles. Son papier semble de meilleure qualité et porte une inscription rédigée d'une écriture élégante. « J'ai découvert ce journal dans le refuge souterrain de la forteresse peu de temps après en avoir chassé les démons. Les défenseurs des Portes vertes ont vaillamment été au-devant de la mort. Nous n'avons pas pu les sauver, mais leur courage restera un exemple pour tous ceux qui prennent les armes aujourd'hui au nom du Golarion. Je jure que notre nouvelle croisade, qui progresse déjà rapidement sur ces terres ravagées, finira ce que les Sarkariens ont commencé, tout comme moi j'ai fini ce journal. La bannière des défunts flottera à nouveau sous des cieux dégagés ! »