« Les prouesses oubliées des croisades »

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« Depuis la Troisième Croisade, nos frères templiers, puissent leur nom rester dans l'ombre de l'anonymat, sont de véritables exemples pour les adeptes de Baphomet. Laissez-vous subjuguer par les récits de leurs plus grands exploits, néophyte, et qu'ils vous inspirent dans toutes vos futures entreprises ! Dès le début de notre mission dans la Plaie du Monde, en l'an 4664, nos frères commencèrent à infiltrer les rangs des preux appelés à défendre le Mendev et le reste du monde des mortels en général. Les croisés étaient alors négligents avec le recrutement, si bien que les templiers trouvèrent aisément des victimes à manipuler. Une nuit, chacun des deux ordres affectés à un avant-poste du Mendev découvrit la preuve irréfutable que le campement allait bientôt essuyer une attaque et que l'autre avait pactisé avec les démons pour être épargné. Comme vous l'imaginez, la zizanie se propagea dans l'armée à la vitesse de l'éclair. Une armée qui eut tôt fait de délaisser ses nobles idéaux et sa droiture exemplaire ! En l'an 4665, au tout début de la Troisième Croisade, une sainte apparut dans les rangs de l'église d'Iomédae. Brave et vertueuse, la jouvencelle devint très vite une source inspiration pour les nouvelles recrues. Parmi elles se trouvait un novice au tempérament sanguin, qui vouait à la jeune fille une adoration assez... déplacée, il faut bien l'admettre. En réalité, fort des leçons qu'il avait prises auprès des incubes d'Alushinyrra, ce templier comptait corrompre ce cœur intègre. Ainsi, notre frère fit déferler en sa proie une vague de passion ignoble et impure. Un peu plus tard, quand l'église eut vent des orgies qui gangrenaient le nouvel ordre, des bûchers flambèrent. Y furent envoyés pêle-mêle la pupille d'Iomédae, et tous ceux qu'elle avait entraînés dans la débauche. Le brave templier, qui venait de lui dévoiler son vrai visage, ne fut pas épargné. Citons aussi ce célèbre inquisiteur de l'an 4667. Pourtant grand amateur de paysans rôtis sur les places publiques, le pauvre homme perdit soudain toute ardeur. Et pour cause ! Son ami le plus fidèle lui avait ouvert les yeux : un culte démoniaque s'était impunément établi sous son propre nez, au sein même des rangs de l'inquisition. Déterminé à réparer sa faute, notre jovial boucher lança une grande purge, durant laquelle il pendit et poignarda sans état d'âme tous ceux que son cher compère dénonçait... Mais toutes les bonnes choses n'ont-elles pas une fin ? En effet, on finit par appréhender le pauvre inquisiteur, et on l'envoya à la capitale pour qu'il comparaisse en justice. Cherchant désespérément à échapper à la peine de mort, il tenta alors d'appeler son bon ami à la barre comme témoin. Las, l'homme était introuvable. Avait-il même jamais existé ? Après tout, les templiers ne laissent aucune trace derrière eux... »

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