Pages arrachées d'un livre sarkarien

Note · 10 po · Poids 0

« Bien des années plus tard, la triste vallée à l'abandon depuis si longtemps vit surgir l'orgueilleux Cavalier. Son destrier était vif et fougueux, son heaume des steppes étincelait comme un masque doré, et son arc incurvé pouvait frapper ses cibles à trois fois trois cents pas. Le Cavalier intrépide pénétra dans les décombres du village et s'arrêta à côté des piliers de pierre sur lesquels avaient été gravées les images des ancêtres. Il s'inclina respectueusement devant eux, puis s'entailla la paume pour maculer ces mêmes pierres de son sang. Le Cavalier débrida ensuite sa monture et lui rendit sa liberté, car son loyal compagnon ne lui serait plus d'aucune utilité dans les grottes exiguës. Après avoir vérifié la corde de son arc, il s'engagea dans les ténèbres, s'assit dans la plus vaste des grottes et attendit. La Meute ne tarda pas à se manifester, taraudée par la faim, la fatigue, et le manque de chair humaine dont ces créatures se délectaient avec un vice implacable. Mais cette cruauté décuplée se heurta au cavalier qui fit chanter son arc et décocha flèche après flèche. L'obscurité ne le gênait en rien, car il ajustait ses tirs à l'oreille, et ce, jusqu'à ce que le dernier des monstres soit transpercé de part en part. Dans un ultime râle, l'ultime bête de la Meute ouvrit sa gueule et demanda avec la voix du Traqueur, "Qui es-tu donc, puissant Cavalier, pour ne pas craindre de t'introduire ici et mettre un terme à ma vie maudite et misérable ? Dis-moi ton nom, fier guerrier, et révèle-moi à quel noble clan tu appartiens." Le Cavalier libéra alors de longues tresses en ôtant son heaume à la visière dorée. Il ne s'agissait pas d'un homme, mais d'une femme, la Fille du Patriarche, un père auquel elle avait autrefois prêté un ultime serment sur son lit de mort... un serment de vengeance. Des années durant, la Fille avait sillonné le vaste monde, le cœur embrasé d'une fureur vertueuse et d'une haine viscérale pour les ensorceleurs et leurs semblables. Des années durant, ses flèches avaient criblé cette méprisable engeance, renforçant sa conviction et sa détermination. Et enfin, l'heure était venue de rentrer chez elle et de venger le clan dont le nom avait été condamné à l'oubli. Au monstre agonisant, elle s'abstint de répondre, car les vils ensorceleurs ne méritent pas l'aumône d'un seul mot d'une personne honorable. Après avoir brûlé les cadavres malodorants de la Meute, elle quitta les grottes, s'inclina une dernière fois devant les ancêtres et partit pour ne plus jamais revenir. »

Pages arrachées d'un livre sarkarien — Objets — Pathfinder: WotR Database